Description
L’œuvre Saint Michel de Raphaël est largement connue de millions de personnes. Le tableau montre l’archange Michel entouré de démons. L’ange porte de grandes ailes et un halo, tandis qu’il est cerné par les profondeurs de l’enfer, sombres et funèbres.
Dans l’Apocalypse de saint Jean (le Livre de l’Apocalypse), l’archange Michel, après avoir vaincu les anges rebelles, tue le dragon, incarnation allégorique du mal, et le précipite sur la terre. Dans cette représentation, Raphaël enrichit la scène traditionnelle de détails secondaires inspirés de l’Enfer de la Divine Comédie, où Dante décrit le châtiment des hypocrites et des voleurs.
Avec la grâce d’un danseur de ballet, le jeune saint Michel brandit son épée en haute, tout en piétinant la monstrueuse bête. Les personnages de l’œuvre s’affrontent dans un paysage désolé, avec la silhouette d’une ville en flammes à l’horizon. L’influence de Léonard de Vinci, dont les guerriers combattants de La Bataille d’Anghiari offrent un exemple extraordinaire d’art martial (la peinture s’est très vite dégradée en raison des faiblesses de la technique expérimentale de Léonard et n’est donc plus visible aujourd’hui), domine ces œuvres. Mais les références à la peinture flamande suggèrent le milieu d’Urbino, où les influences du Nord restaient encore bien présentes.
L’œuvre Saint Michel, Saint Georges et le Dragon , ainsi que le Saint Georges de la National Gallery de Washington, sont liés à la fois par leur sujet — un jeune homme armé affrontant un dragon — et par des éléments stylistiques. Les trois sont rattachés à la période florentine et font écho aux impulsions que Raphaël reçut des grands maîtres qui travaillèrent à Florence ou dont les peintures y étaient visibles.
L’imagination de Raphaël, particulièrement sensible dans les détails de Saint Michel, se montre plus équilibrée dans la figure de l’archange, centre de toute la composition. Ce sens de l’équilibre et de la retenue se déploie encore davantage dans les deux autres panneaux, où le paysage, encore d’inspiration ombrienne, accentue la sérénité des figures malgré le caractère dramatique du sujet. Ces petits panneaux témoignent d’un moment où le peintre recueille les fruits stylistiques de ce qu’il a déjà assimilé, tout en posant les problèmes picturaux qu’il développera par la suite.



